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DES PROJETS INTERNATIONAUX

L'UMR Tetis participe à de nombreux projets de coopération internationale mettant à contribution ses domaines d'expertise et d'excellence : la modélisation territoriale et spatiale, le développement durable, la sécurité alimentaire, etc.

 

PADAP
Etudes préparatoires du Projet d’Agriculture Durable par une Approche Paysage (PADAP) Paysages d’Iazafo et de Soanierana-Ivongo Région Analanjirofo Madagascar.


Présentation succinte

Expertises :
Les Etudes Préparatoires du PADAP dans les Paysages d’Iazafo et de Soanierana-Ivongo (Région de Analanjirofo) ont pour objectifs de fournir les informations nécessaires
          i) à la vérification de la pertinence des actions et des méthodes ;
          ii) la mise en œuvre du projet et
          iii) à la mise en place d'un système de suivi-évaluation (choix d'indicateur).

 

Résumé 

Malgré l’enclavement et la pauvreté rurale, compte-tenu des ressources abondantes (climat, eau, terres, ressources minières...), les potentialités de développement agricole dans les deux paysages sont importantes. La présence de grandes forêts primaires fait de Soanierana-Ivongo un réservoir de biodiversité remarquable.
La population est en forte croissance. Le nombre d’exploitations Agricoles (EA) passera de 49 000 aujourd’hui à près de 80 000 en 2037. D’ici 20 ans, le besoin en surfaces agricoles supplémentaires est estimé à plus de 80 000 ha.
La demande en services (santé, éducation, eau potable, assainissement, loisirs et transport) croît.
L’analyse diachronique de l’occupation des sols depuis 20 ans montre une diminution des surfaces forestières de 6 à 1% à Iazafo et de 56 à 28% à Soanierana-Ivongo.
Les jachères augmentent d’environ 30 %. La pression sur les ressources (eau, sols, forêts, biodiversité) est d’autant plus forte que les systèmes de production sont peu performants et peu durables. Les forêts souffrent du défriche/brûlis, de l’exploitation excessive des espèces de valeur, des prélèvements illicites de bois, du braconnage et des occupations illicites.
Les produits de la forêt sont mal valorisés. La gestion des forêts connait trois principales difficultés :
          i) le manque de moyens financiers et humains des services (CIREEF, CEEF et TEEF),
          ii) le manque de pouvoir et de légitimité des COBA et         
         iii) l’inadéquation des textes concernant la sécurisation foncière.
Les investissements dans l’agriculture, principalement dans les aménagements hydrauliques ont été rares, ces trois dernières décennies. Les grands périmètres sont mal entretenus. Les AUE ne sont pas opérationnelles. L’exploitation des petits périmètres et des périmètres familiaux restent encore archaïque.
Les rendements rizicoles sont très bas. Les EA sont familiales, avec des objectifs d’autosuffisance en riz et de développement des cultures de rente (agroforêts). Compte-tenu de faibles dotations en terres et en capitaux, les EA ont des difficultés structurelles pour la mise en œuvre de l’intensification, qu’elle soit basée sur les principes de la révolution verte ou de l’agroécologie.
Les prix élevés des cultures de rente sur les marchés internationaux peuvent servir de levier pour le développement malgré les risques de variations des cours. Le paysage institutionnel se caractérise par la présence de nombreuses structures agissant dans le domaine du développement rural : STDs, ONGs, groupements, coopératives...
Malgré leurs efforts, les résultats apparaissent mitigés. Le développement est très dépendant des projets d’autant plus qu’il a peu de coordination entre institutions et projets. Face à ce diagnostic, l’étude propose un ensemble d’investissements et d’actions d’accompagnement.
Ce sont :
         i) Des aménagements hydro-agricoles (création et réhabilitation de barrages, curage et régabaritage de drains et des canaux d’irrigation, prises d’eau, etc.). Ils augmenteront la disponibilité en rizières et amélioreront la maitrise de l’eau, permettant l’intensification agricole et ainsi la diminution de la pression sur les tanety et les forêts ;
         ii) Un audit puis des actions d’accompagnement (DRAE) pour la mise en place d’AUE efficaces capables de gérer et d’entretenir sur le long terme les périmètres ;
         iii) Des activités de reboisement et de plantations pour densifier les agroforêts et les jachères avec des espèces forestières et des cultures pérennes (cultures de rente, fruitiers, bois-énergie) sur les versants des périmètres irrigués pour :
         i) éviter le ruissellement, l’ensablement et les inondations dans les bas-fonds et les plaines alluviales ;
         ii) préserver ou améliorer la fertilité des sols ;
         iv) Des audits pour un renouvellement des transferts de gestion des COBA et des appuis à la DREEF pour protéger les forêts et améliorer leur gestion et ainsi garantir des revenus, développer les services écosystémiques et établir des infrastructures vertes stabilisant les paysages ;
         v) La mise en place d’un réseau de paysans-relais pour accompagner les exploitations agricoles dans l’amélioration de leurs pratiques : intensification rizicole, agroécologie, densification des agroforêts, gestion des jachères et intégration agriculture-élevage ;
         vi) Un appui aux filières, en interaction avec les autres projets, pour développer l’agriculture contractuelle et accroître la valeur ajoutée des producteurs ;
        vii) La réhabilitation de pistes et chemins communaux pour améliorer l’accès des populations aux services et faciliter leur insertion au marché ;
         viii) L’amélioration de l’accès à l’eau potable des populations. Ces réalisations seront intégrées au niveau des paysages, notamment via le schéma directeur des périmètres et le plan d’arrangement des infrastructures vertes. L’intégration sera technique.
L’agriculture contribuera à la biodiversité en favorisant la diversité des plantes cultivées dans les champs et jachères. Les forêts et les plantations d’arbres contribueront aux revenus via les services écosystémiques, par exemple grâce aux produits forestiers ligneux et non ligneux. L’élevage contribuera aux revenus et à la fertilité des sols.L’intégration sera économique. Les appuis aux EA (appui conseil, formation, paquets techniques) et dans les filières valoriseront les investissements dans les périmètres et sur les versants.
Les revenus issus des agroforêts pourraient financer l’intensification dans la riziculture.Par ailleurs, le PADAP est un projet pilote. Les réflexions, actions, mécanismes, procédures et enseignements serviront à la conception du développement de Madagascar.
En conséquence, le PADAP a les objectifs institutionnels suivants :
         i) mettre au point, dans un processus expérimental une approche paysage, c’est à dire une approche de développement des territoires, intégrée et participative, associant production agricole et gestion de l’environnement durables ;
          ii) construire les outils nécessaires à cette approche paysage, le Plan d’Aménagement et de Gestion Durable du Paysage (PAGDP) et le SIS (Système d’information spatialisée pour le suivi et l’évaluation) ;
          iii) transmettre l’approche et les outils en renforçant les compétences ;
          iv) pérenniser les financements, en s’appuyant sur le mécanisme REDD+ et les paiements pour service environnementaux (PSE).
Au cours des deux premières années, les actions prioritaires du PADAP doivent initier la dynamique du projet sans oblitérer le futur PAGDP.
En conséquence, les actions prioritaires concernent la gouvernance (instances, outils et procédures), la formation préalable des parties prenantes, la mise au point de contenus et de méthodes (intensification durable des systèmes d’exploitation) et des actions indiscutables mais dont la mise en œuvre nécessite des délais (aménagements hydrauliques).

 

Mots clés : Expertise. Madagascar. Approche Paysage. Développement rural et territorial. Indicateur.
INFOS PROJET

Date de début de projet :
 01/10/2017
Date de fin de projet : 30/08/2018
Partenaires/équipes impliqués :  DP Biodiversité Madagascar ; USIG ; Green ; Art-Dev ;
Axe Tetis : USiG
Responsable projet TETIS : Jean Philippe Tonneau
Autres participants TETIS : Jean Philippe Tonneau
Pays, région d’étude : Madagascar. Analanjirofo
Commanditaire : Banque Mondiale. Projet PADAP


Lien site web :

http://agritrop.cirad.fr/589326/