Aires d’accueil des gens du voyage et injustice environnementale

Nature Cities

L'étude publiée dans Nature Cities révèle que les aires d'accueil sont massivement localisées près des sources de pollution, et sont plus exposées que n’importe quel autre quartier, même défavorisé.

Une étude menée par Léa Tardieu de l’UMR TETIS et ses co-auteurs démontre l'ampleur de l'injustice environnementale subie par les gens du voyage. L'analyse statistique révèle que les aires d'accueil sont localisées dans des zones soumises à de fortes nuisances environnementales. 

Les chercheurs confirment que ces lieux sont particulièrement exposés : les zones autour d'une aire ont par exemple trois fois plus de probabilité d'être à proximité d'une déchetterie et plus de deux fois plus d'être proches d'une autoroute ou d'une station d'épuration que d’autres quartiers. Les décisions de localisation faites par les puissances publiques et à l’origine de l’injustice environnementale résulte d'une combinaison de mécanismes, allant de la recherche du moindre coût à des stratégies d'exclusion.

Ces recherches ont été publiées dans la revue scientifique Nature Cities. L'article de vulgarisation « Près des autoroutes et des déchetteries : les gens du voyage face aux injustices environnementales » a été initialement publié sur la plateforme The Conversation France puis a été relayé par divers médias nationaux et spécialisés, dont France culture, France inter ou encore Le Monde, contribuant ainsi à enrichir le débat public sur les discriminations environnementales en France.

Léa Tardieu est chargée de recherche au sein de l’UMR TETIS (INRAE Occitanie-Montpellier) et associée à l’UMR CIRED. Elle travaille l’analyse socio-économique des politiques d’aménagement du territoire affectant la biodiversité et les services écosystémiques